Mains d'Oeuvres
Saint-Ouen
(93)
Vendredi 8 Février 2002

Dental Bach de Ben Patterson

 

Brosse à dents et Bach d'eau

Par Cyril Thomas
et Caroline Tron

 

Le 08 février en l'an 2002, se déroula une véritable recette de bonheur pendant la soirée des Cordes de Saint-Ouen, au théâtre des Mains d'Oeuvres. Affiche éclectique : Jon Rose, Joëlle Léandre, Hollis Taylor, Ben Patterson, Ibrahim Qurashi & Waleed, Cie Faim de Siècle, Michel Murin, Bruno Maillier, Dan Warburton, Otomo Yoshihide, Kaffe Matthews, Andy Ex.

La soirée se composait d'une série performances autour de la thématique des cordes. Instruments et cordes musicales à jouer, à faire exploser ou tout simplement à regarder.
Le décor se composait d'une salle d'exposition recouverte de violons abracadabrants ; manifestation organisée par le Rosenberg Museum, des spécialistes du genre. Sur la gauche, un dispositif étrange : un tableau noir recouvert par des mesures de la Partition pour violon de J.S.Bach inscrites à la craie blanche. A côté, un aquarium rempli d'eau, au devant la violoniste Hollis Taylor et un grand magicien Benjamin Patterson, contrebassiste et artiste Fluxus (cela va de paire), ingrédient indispensable pour une recette optimale.
Prenez la fée, Hollis Taylor, laissez-vous bercer par la mélodie du grand J.S.Bach sortant de son violon. Ajoutez un instrument hybride entre la brosse à dents et la contrebasse. Quelques " grattouillages " de cordes, histoire de l'accorder. Puis suivez le geste de Ben Patterson en train de dévisser le tube de dentifrice et de le disposer sur son instrument. Laissez faire la magie, saupoudrez d'humour, de rire et vous obtenez Dental Bach. Ou comment un artiste Fluxus, habitué des performances depuis les années soixante, efface la partition de la violoniste pendant qu'elle joue le morceau inscrit sur le tableau. Ben Patterson suit le rythme tout en brossant les notes littéralement, sans oublier de rincer son instrument. Le public regroupé, attentif et hilare, reçoit les éclaboussures. Il comprend qu'une fois le tableau effacé la musique est finie.
Absurde, décalé me direz-vous ? En trois mots comme en cent, tout simplement Fluxus !

-- photographies Caroline Tron-Carroz --

Le programme complet